Une pochette arrête le frottement. Un toploader arrête la pression. Un boîtier arrête les chocs. Aucun des trois n’arrête ce qui suit, et c’est pourtant ce qui abîme le plus de collections.
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ToggleL’humidité : ce qui gondole ne redevient jamais plat
Une carte est du carton. Le carton absorbe l’humidité de l’air, gonfle, puis sèche en se déformant. Le résultat s’appelle un gondolement, et il est définitif : aucune presse, aucun poids, ne rend sa planéité à une carte qui a pris l’humidité.
Le pire n’est pas l’humidité élevée, c’est l’humidité variable. Une cave stable à taux constant abîme moins qu’une pièce qui passe du sec au humide chaque semaine, parce que c’est le cycle qui déforme.
Trois endroits à éviter, et ils sont les plus utilisés : sous un lit contre un mur extérieur, dans un garage, dans un grenier.
La lumière : elle agit toute seule, en silence
La lumière décolore les encres. Les rouges et les jaunes partent en premier.
Ce qui rend cette agression sournoise, c’est qu’elle est invisible sans point de comparaison. Vous ne voyez pas une carte s’affadir, parce que vous la voyez tous les jours. Vous le constatez le jour où vous en sortez une deuxième, restée à l’ombre.
Un boîtier transparent, même avec filtration ultraviolette, ne fait pas l’obscurité : il est fait pour qu’on voie l’objet. Le seul contenant réellement opaque est une boîte fermée, et un classeur fermé rangé debout en fait autant.
La lumière indirecte compte aussi. Une étagère à trois mètres d’une fenêtre, derrière un rideau, reçoit assez de lumière pour agir sur dix ans.
La chaleur : elle accélère tout le reste
La chaleur seule déforme peu. Ce qu’elle fait, c’est accélérer les réactions chimiques et amplifier les échanges d’humidité. Une collection au-dessus d’un radiateur ou contre un mur exposé au soleil vieillit plus vite, sans qu’on puisse pointer un défaut précis.
Elle a aussi un effet immédiat et méconnu : la condensation. Des cartes qui passent du froid au chaud, ou l’inverse, prennent l’humidité de l’air sur leur surface. C’est pour cela qu’on ne referme pas un boîtier sur des cartes qui viennent d’un trajet : une demi-heure à l’air de la pièce, à plat, et le problème disparaît.
Le bon endroit, décrit simplement
Une pièce de vie, dont la température ne fait pas de bond, à l’écart de toute fenêtre, loin d’un mur extérieur et d’une source de chaleur. Un placard intérieur fermé est presque toujours le meilleur endroit d’un logement, et c’est presque toujours le dernier auquel on pense.
Les classeurs se rangent debout, comme des livres. À plat et empilés, les pages du bas subissent le poids de tout ce qui est au-dessus, ce qui est exactement la pression que le classeur devait éviter.
Le geste le plus rentable, et il est gratuit
Regardez où sont vos cartes en ce moment. Si l’endroit reçoit la lumière du jour, s’il est contre un mur extérieur, s’il est au-dessus d’un radiateur, déplacez-le. Deux mètres de déplacement font plus, sur dix ans, que n’importe quel changement de protection.
À lire ensuite
- Protéger et ranger ses cartes, dans l’ordre.
- Les classeurs, qui se ferment et se rangent debout.
- Les boîtiers pour coffret, et la limite de la filtration.