Plus de 200 millions de dollars de fausses cartes interceptées, et Pokémon en tête

Main tenant plusieurs anciennes cartes Pokémon devant un fond lumineux bleu-vert.

Le service d’authentification PSA a rendu public son rapport sur la fraude. Le chiffre qui ressort tient en une ligne : plus de 200 millions de dollars de cartes fausses ou retouchées ont été arrêtées à l’authentification. Et sur un an, les soumissions de contrefaçons ont progressé de 45,3 %, avec un cas nettement à part : Pokémon, seul, à plus 125 %.

Autrement dit, le faux progresse deux fois plus vite chez Pokémon que dans l’ensemble du marché.

Ce que dit le rapport

Trois éléments sont à retenir, et ils viennent tous de la même source.

  • Plus de 200 millions de dollars de cartes fausses ou retouchées identifiées à l’authentification.
  • Les soumissions de contrefaçons progressent de 45,3 % sur un an.
  • Six des dix catégories de fraude qui progressent le plus vite comprennent des cartes Pokémon.

Le mot « retouchée » compte autant que le mot « fausse ». Une carte retouchée n’est pas une contrefaçon : c’est une vraie carte dont on a corrigé un défaut, un coin repassé, un bord recoloré, une surface lustrée, pour qu’elle décroche une note supérieure. Elle passe la plupart des contrôles à l’œil nu. C’est précisément pour cela qu’elle finit chez un authentificateur, et c’est là qu’elle se fait prendre.

Pourquoi Pokémon plus que le reste

La raison est mécanique : la fraude suit la valeur, et la valeur suit la demande. Là où une carte de sport ancienne intéresse un public de connaisseurs, une carte Pokémon des années 1990 intéresse à la fois les collectionneurs, les joueurs, les revendeurs et un public d’adultes qui rachète ce qu’il a eu enfant. Plus il y a d’acheteurs pressés, plus il y a de place pour un faux bien fait.

À cela s’ajoute le volume. Au moment de son rapport, PSA certifiait environ 70 000 cartes de jeu par jour (estimation GemRate). Sur un flux pareil, un écart de quelques pourcents représente déjà des dizaines de milliers de cartes suspectes par mois.

Ce que ça change pour votre collection, et ce que ça ne change pas

Soyons net sur un point, parce que c’est la confusion la plus courante : une protection ne détecte pas un faux. Un boîtier acrylique, une pochette ou un toploader ne disent rien de l’authenticité d’une carte. Ce sont deux problèmes différents, et il faut les traiter séparément.

L’authenticité se traite avant l’achat : provenance, vendeur, prix cohérent avec le marché, et certification si le montant le justifie. La conservation se traite après : c’est là que la protection intervient.

Il y a en revanche un lien réel entre les deux, et il est rarement dit. Quand vous envoyez une carte à l’authentification, ce n’est pas seulement son authenticité qui est jugée, c’est son état. Une carte authentique mais rangée n’importe comment perd des points sur les coins, les bords et la surface. La protection ne prouve rien sur l’origine de la carte, mais elle décide de la note qu’elle obtiendra. Sur une carte qui vaut quelque chose, l’écart entre deux notes voisines se compte en centaines d’euros.

La conclusion pratique est peu spectaculaire mais elle tient : achetez en vérifiant l’origine, rangez en pensant à la note.

À lire ensuite

Source : rapport PSA sur la fraude, relayé par Sports Illustrated, publié le 8 mai 2026. Estimation de volume quotidien : GemRate, citée par ICv2, 29 mai 2026.

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